
La Dodge Charger Daytona arrive en Europe sans autonomie WLTP
Dodge lance ses livraisons européennes de Charger ce mois-ci avec une autonomie américaine et aucun chiffre WLTP
Dodge a présenté la huitième génération de la Charger à la presse européenne cette semaine sur la piste d'essais de Stellantis à Balocco, trois mois après l'ouverture des commandes le 9 juin et avec les premières voitures clients attendues ce mois-ci. Quatre versions arrivent en même temps : les Charger R/T Sixpack et Scat Pack Sixpack à essence, et les Charger Daytona R/T et Daytona Scat Pack électriques, chacune en deux ou quatre portes, toutes en conduite à gauche, vendues et entretenues par l'importateur KW Automotive plutôt que par les concessionnaires de Stellantis.
Prix de la Charger : 66 187 euros en Belgique, 65 093 euros en Allemagne, 62 688 livres au Royaume-Uni hors taxes
En Belgique, la Charger R/T Sixpack deux portes coûte 66 187 euros et la quatre portes 68 002 euros ; la Scat Pack Sixpack est à 69 212 et 70 906 euros. La Daytona R/T électrique démarre à 79 860 euros en coupé et 81 675 euros en berline, et la Daytona Scat Pack coiffe la gamme à 84 095 et 85 910 euros. L'Allemagne affiche la R/T Sixpack dès 65 093 euros TVA de 19 % comprise, et le Royaume-Uni dès 62 688 livres pour la même voiture et 77 067 livres pour la Daytona R/T, hors immatriculation et taxes locales. Le surcoût de l'électrique sur une deux portes atteint donc 13 673 euros en Belgique, pour une voiture sur la même plateforme et avec la même carrosserie.
La Charger Daytona n'a pas d'autonomie WLTP, et les 418 km sont un chiffre EPA
La Daytona associe une batterie de 100,5 kWh, dont 93,9 kWh utiles, à un système 400 volts, deux moteurs et une transmission intégrale de série ; la R/T développe 496 ch, la Scat Pack 630 ch, et un bouton PowerShot ajoute 40 ch pendant dix secondes. La charge DC culmine à 183 kW et 20 à 80 % prend environ 27 minutes. Ce qui manque, c'est une autonomie WLTP. Ni le matériel européen de Dodge ni le site de KW Automotive n'en donnent, et les 510 km pour la R/T et 418 km pour la Scat Pack repris en Europe, parfois étiquetés WLTP, sont les valeurs EPA américaines. Les chiffres WLTP ressortent normalement au-dessus des chiffres EPA pour une même voiture, si bien que Dodge livre une électrique en Europe en citant le moins flatteur des deux nombres qu'elle aurait pu utiliser.
Sixpack : 420 ch et 550 ch du six cylindres Hurricane 3.0, et aucun V8 nulle part
Les Charger essence utilisent le six cylindres en ligne Hurricane 3,0 litres biturbo : 420 ch et 635 Nm dans la R/T, 550 ch et 720 Nm dans la Scat Pack High Output, via une automatique à huit rapports et une transmission intégrale qui peut tout envoyer à l'essieu arrière à la demande. Dodge annonce le 0 à 96 km/h en 4,6 et 3,9 secondes. La voiture mesure 5,25 mètres de long, 2,03 mètres de large et pèse environ 2,2 tonnes en Sixpack, avec un hayon caché et 1 064 litres de chargement derrière les sièges avant, et chaque exemplaire européen est construit à Windsor, en Ontario. La Super Bee ressuscitée en août est la même voiture à six cylindres ; il n'y a pas de V8 dans cette génération.
Cinq premiers essais européens à Balocco s'accordent sur le poids et le son
Les verdicts publiés cette semaine depuis Balocco convergent. Auto Express juge la Charger pleine de caractère et pratique mais s'attend à ce qu'elle reste rare, à plus de deux mètres de large et environ 2 100 kg ; Evo se demande si elle est encore une rivale de la Ford Mustang ; AutoGids a apprécié le châssis à vive allure mais trouvé la boîte lente dans sa calibration et la sonorité du six cylindres artificielle, comme amplifiée par les haut-parleurs plutôt que par l'échappement ; le titre de l'essai d'auto motor und sport qualifie la Sixpack de molle et d'insensible avant de noter l'absence de V8. Le résumé du Moniteur Automobile est que les prix sont « très américains » pour la taille et l'équipement.
534 Charger Daytona en six mois : les États-Unis ont déjà choisi entre les deux Charger
Les chiffres américains expliquent pourquoi l'Europe reçoit les deux motorisations. Dodge a vendu 7 421 Charger Daytona aux États-Unis en 2025, mais seulement 346 au quatrième trimestre, après la fin du crédit d'impôt fédéral pour les électriques, et 534 au premier semestre 2026 contre 4 299 un an plus tôt. La Charger essence a pris le chemin inverse : 1 672 au premier trimestre et 2 911 au deuxième, soit environ huit Charger thermiques pour une électrique à l'été. L'Europe se voit proposer la voiture que les États-Unis ont cessé d'acheter avec 13 673 euros de plus que celle qu'ils ont commencé à acheter, et Ford rouvre le même mois les commandes de la Mustang GTD en Europe.
AutoNext Take
L'Europe reçoit la Charger telle que l'Amérique ne l'achète plus. Dodge a placé la Daytona 13 673 euros au-dessus de la Sixpack en Belgique, l'a expédiée sans autonomie européenne et a posé un V8 synthétique sur une voiture dont les clients américains sont partis dès que la subvention l'a fait. Cela fait de la Daytona la version que les concessionnaires de KW Automotive feront essayer et de la Sixpack celle qu'ils factureront, et le rapport américain de huit pour un est le plancher, pas le plafond, de ce déséquilibre ici.
Le chiffre WLTP est la solution facile et la plus révélatrice. Toute autre électrique en vente en Europe a un nombre homologué sur sa liste de prix, et une voiture de 100,5 kWh avec une charge à 183 kW devrait dépasser les 418 km EPA une fois mesurée sur le cycle européen. Si KW Automotive publie une autonomie WLTP avant que les premières Daytona n'arrivent chez les clients ce mois-ci, Dodge aura passé l'été à sous-vendre sa propre électrique. Sinon, la Daytona est vendue en Europe comme une voiture américaine qui se trouve être ici, et les acheteurs la valoriseront ainsi.
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