
La Citroën C5 Aircross Émeraude est française. Rennes produira une Voyah en 2028
La série spéciale la plus française de Citroën depuis des années arrive avec une note de bas de page chinoise
Citroën ajoute une série spéciale à la C5 Aircross, baptisée Émeraude, et c'est un exercice de branding inhabituellement littéral. Le nom appartient à la Côte d'Émeraude, ce morceau de littoral breton situé au nord de l'usine où la voiture est construite, et un drapeau français orne l'enjoliveur de custode au cas où quelqu'un n'aurait pas saisi. Le plan de cette usine pour la décennie qui vient est moins français.
L'Émeraude est une finition Plus avec la peinture bleu Océan et Drive Assist 2.0
L'Émeraude repose sur la finition intermédiaire Plus et ajoute une peinture bleu Océan exclusive, la même teinte étant reprise sur les clips des panneaux de portes avant et du bouclier avant. L'équipement de série comprend un siège conducteur à réglage électrique, des sièges avant chauffants, un volant chauffant, un accoudoir central à l'arrière, la recharge sans fil du téléphone, un hayon motorisé à ouverture mains libres et le pack Drive Assist 2.0. Quatre teintes existantes restent au catalogue. Citroën n'a pas encore publié de tarifs, et la série spéciale sera commercialisée en octobre.
Le nom vient de la côte voisine de Chartres-de-Bretagne
Rennes-La Janais, à Chartres-de-Bretagne juste à la sortie de Rennes, produit la C5 Aircross depuis 2025 et constitue la seule raison pour laquelle un nom breton figure sur la voiture. Le site a ouvert en 1961 et a produit environ 13 millions de véhicules répartis sur près de 17 modèles. La C5 Aircross actuelle y est désormais la seule voiture assemblée, depuis le départ du Peugeot 5008.
Rennes est passée de 12 000 salariés à environ 2 100
L'usine que célèbre l'Émeraude n'est qu'une fraction de ce qu'elle fut. Rennes employait environ 12 000 personnes en 2004 et en compte aujourd'hui à peu près 2 100, dont 1 500 en CDI. Sa surface est passée de 229 hectares en 2015 à une centaine. Stellantis a investi près de 150 millions d'euros pour la moderniser en vue de la nouvelle C5 Aircross, plus environ 18 millions dans la décarbonation, et a fermé l'atelier peinture pour regrouper le reste sous un même toit.
Stellantis et Dongfeng produiront une Voyah à Rennes dès 2028
Le 20 mai de cette année, lors d'un comité social et économique extraordinaire tenu la veille de la présentation du plan stratégique de Stellantis, le groupe a confirmé que Rennes assemblera aussi un véhicule de Voyah, la marque premium de Dongfeng, avec un démarrage visé en 2028. Le type de modèle n'a pas été dévoilé. Stellantis et Dongfeng ont également annoncé leur intention de créer une coentreprise basée en Europe et pilotée par Stellantis, couvrant la vente et la distribution, la production, les achats et l'ingénierie. La CFDT, syndicat majoritaire du site, a parlé d'un demi-soulagement et réclame des garanties écrites sur l'emploi.
Citroën vise 100 000 C5 Aircross par an, dont 32 % pour la France
Le plan de volume porte sur 100 000 voitures par an, soit jusqu'à 400 par jour à plein régime, contre les quelque 77 000 véhicules annuels que l'usine sortait à l'époque de la première génération. Sa propre répartition prévoit 32 % pour la France, 18 % pour l'Allemagne, 16 % pour la Turquie, 9 % pour l'Italie et 6 % pour l'Espagne, avec environ 60 % de la production attendue en tout électrique. Stellantis a fait état, sur le premier semestre 2026, de commandes de la nouvelle C5 Aircross en hausse de 47 % sur un an, avec des immatriculations en progression de 7 % en France, 10 % en Espagne et 80 % au Portugal.
AutoNext Take
L'Émeraude est un code peinture et une liste d'équipements, et à elle seule elle ne mériterait pas votre temps. Ce qui la rend intéressante, c'est l'endroit où le service marketing est allé chercher une histoire. Ni un nom de modèle historique, ni un résultat en rallye : le code postal de l'usine, parce que la survie même de Rennes est ce que Citroën a de plus impressionnant à vendre aujourd'hui.
Et ce plan de survie n'est pas français. Un site qui employait 12 000 personnes il y a vingt ans ne revient à deux modèles qu'en accueillant une marque premium chinoise, sur une ligne financée en partie par de l'argent public de décarbonation, dans une coentreprise dont personne à l'usine ne sait encore tracer le périmètre d'ingénierie. Citroën a bien le droit de peindre un drapeau tricolore sur la vitre. Elle peut aussi s'attendre à ce qu'on lui demande, en 2028, ce que ce drapeau atteste au juste.
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