
Stellantis pourrait fermer une usine canadienne qui n'a pas construit de voiture depuis 2023
Une usine dans les limbes depuis 2023 pourrait finalement ne pas obtenir de sursis
Pendant près de trois ans, les travailleurs de l'usine Stellantis de Brampton, en Ontario, ont attendu que leur usine rouvre. Cette semaine, la nouvelle est allée dans l'autre sens. Stellantis a informé le syndicat Unifor qu'il envisage sérieusement de fermer ou de vendre le site, une usine qui n'a pas construit une seule voiture depuis fin 2023, et qui est devenue un exemple criant de la façon dont la politique commerciale redessine les lieux de fabrication des véhicules.
Comment Brampton en est arrivée là
L'usine de Brampton, un ancien site AMC, a construit ses dernières voitures fin 2023, quand elle a arrêté la production de la Chrysler 300 et des Dodge Charger et Challenger. Elle a ensuite été mise à l'arrêt pour être rééquipée pour le prochain Jeep Compass, y compris une version électrique. Ce travail a été suspendu en février 2025, et en octobre 2025 Stellantis a confirmé que le Compass serait plutôt construit aux États-Unis, laissant Brampton à l'arrêt sans produit à fabriquer. Ses quelque 2 200 membres d'Unifor Local 1285 sont en chômage technique depuis, soutenus par une garantie de revenu d'environ 70 pour cent de leur salaire.
Ce que disent Stellantis et le syndicat
Stellantis a informé Unifor de l'examen d'une fermeture ou d'une vente à la mi-août, et dit que sa priorité est de trouver une solution industrielle durable pour le site. Aucun avis formel de fermeture n'a été émis, et selon la convention collective, l'entreprise doit donner un préavis d'au moins 12 mois pour toute fermeture ou vente. Unifor n'accepte pas le postulat : la présidente nationale Lana Payne a qualifié la nouvelle de coup de massue, et le président de la Local 1285 Vito Beato a été direct, disant que la fermeture n'est pas une option. Le syndicat soutient aussi que le déplacement de la production du Compass a violé à la fois l'accord de travail et les engagements liés à d'importants financements fédéraux et provinciaux.
L'ombre des droits de douane
Unifor est clair sur ce qu'il considère comme la cause sous-jacente : les droits de douane automobiles imposés par l'administration américaine, qui rendent la construction de voitures au Canada pour le marché américain bien moins attrayante que leur construction au sud de la frontière. La situation de Brampton est l'une des illustrations les plus nettes à ce jour de la façon dont les droits de douane tirent la production vers les États-Unis, et c'est un avertissement que les usines européennes reconnaîtront, parce que la même logique protectionniste redessine aussi les chaînes d'approvisionnement de ce côté de l'Atlantique. Le gouvernement fédéral canadien dit dialoguer avec Stellantis, Unifor et l'Ontario pour protéger les travailleurs et maintenir l'usine en activité.
L'avis AutoNext
Derrière le langage corporate des solutions industrielles durables se trouvent 2 200 personnes qui ont passé près de trois ans dans les limbes professionnels, à qui on a dit que leur usine construirait l'avenir avant de regarder cet avenir être expédié ailleurs. Quelle que soit l'issue finale, c'est une histoire humaine vraiment dure, et la colère du syndicat est compréhensible, surtout compte tenu de l'argent public qui était lié au maintien en vie du site. Une entreprise a le droit de construire là où cela a un sens économique, mais des promesses attachées à un soutien du contribuable portent un poids qu'un tableur ne capture pas.
La leçon plus large est inconfortable pour tout le monde. Des droits de douane censés protéger les emplois nationaux dans un pays menacent, dans des cas comme celui-ci, directement ceux d'un autre, et aucun message politique ne change le fait qu'une usine moderne, récemment rééquipée, est désormais vide parce que le calcul s'est déplacé de 500 kilomètres vers le sud. Il peut encore y avoir un sursis, un nouveau produit, voire un acquéreur, et le fait que le terrain soit zoné pour un usage automobile laisse la porte ouverte. Mais pour les travailleurs de Brampton, les années d'attente viennent de devenir bien plus anxieuses.
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