
Le diesel passe 6 dollars aux États-Unis et 2,40 euros en Belgique en une semaine
Les conducteurs de diesel, de la Californie à Cologne, ont payé des prix records la même semaine
La moyenne nationale américaine du diesel a franchi 6 dollars le gallon le 10 septembre, pour la première fois de l'histoire du pays. Deux jours plus tard, le prix maximum officiel belge atteignait 2,407 euros le litre, et dimanche à midi les pompes allemandes bondissaient d'environ 20 centimes pour dépasser 2,50 euros. Les 9 806 stations françaises affichaient 2,31 euros en moyenne dimanche soir, le diesel britannique était à 190 pence, et le Brent a clôturé la semaine à 104,61 dollars.
Le diesel américain vaut 5,97 dollars selon l'EIA et 6,06 dollars selon AAA, 58 % de plus qu'il y a un an
L'enquête hebdomadaire de l'Energy Information Administration place le diesel routier à 5,967 dollars le gallon au 7 septembre, soit 2,20 dollars de plus qu'un an plus tôt, avec la Californie à 7,764 dollars. Les données en direct de GasBuddy ont enregistré la première moyenne à 6 dollars le 10 septembre et le relevé d'AAA a suivi le lendemain à 6,0556 dollars, soit environ 1,60 dollar le litre avant taxes. L'explication de l'EIA tient aux stocks : les réserves américaines de distillats sont passées sous leur fourchette quinquennale, devraient tomber sous 100 millions de barils ce mois-ci et rester sous le plancher de cinq ans jusqu'à la fin 2026 et une bonne partie de 2027.
Le diesel allemand a dépassé 2,50 euros dimanche à midi, et le Super E5 est à un record depuis le 4 septembre
Les stations allemandes ne peuvent relever leurs prix qu'une fois par jour, à 12 h, en vertu d'une règle instaurée en avril, si bien que la hausse arrive d'un seul bond. Dimanche, il a été de 19 centimes dans une station Shell de Cologne, de 2,399 à 2,589 euros, et le prix national du diesel est passé au-dessus de 2,50 euros. La moyenne journalière de samedi midi à dimanche midi s'est établie à 2,39 euros, six centimes sous les 2,45 euros du 7 avril qui restent le record. L'essence a déjà dépassé sa propre marque : le Super E5 coûte en moyenne 2,31 euros chaque jour depuis le 4 septembre, plus que l'Allemagne n'a jamais payé.
Le prix maximum belge est de 2,407 euros, 35 centimes au-dessus de la 95 E10, sur la 176e liste de l'année
Le contrat-programme belge avec le secteur pétrolier fixe un plafond pour chaque carburant, et la liste 2026/176, valable dès le 12 septembre, place le diesel B7 à 2,407 euros le litre contre 2,058 euros pour la 95 E10 et 2,234 euros pour la 98. La prime de 35 centimes sur l'essence ordinaire est la plus large de tous les marchés cités ici, et le numéro de liste raconte sa propre histoire : 176 révisions au 12 septembre signifie que le plafond a bougé presque chaque jour ouvrable de 2026. Les stations peuvent vendre sous le maximum, mais celui-ci se rapproche du pic du printemps, quand le diesel avait déjà dépassé l'essence en coût aux 100 km.
La France affiche 2,31 euros en moyenne sur 9 806 stations, et le diesel britannique est à 190 pence, 22 pence au-dessus de l'essence
Le flux de prix en direct du gouvernement français affichait dimanche à 20 h 08 une moyenne nationale de 2,31 euros pour le gazole sur 9 806 stations, contre 2,18 euros pour le SP95 et 2,14 euros pour l'E10. En Grande-Bretagne, le RAC plaçait vendredi le diesel à 190,08 pence et l'essence à 168,46 pence, tous deux en hausse de 7 pence depuis le 1er septembre, soit 3,85 livres de plus par plein d'une voiture familiale. Le schéma se répète sur chaque marché : le diesel dépasse l'essence de 17 centimes en France, 22 pence en Grande-Bretagne, 8 centimes en Allemagne et 35 en Belgique, et chacun de ces écarts s'est creusé depuis la mi-août, quand la moyenne européenne était de 1,93 euro pour le diesel et 1,79 euro pour l'essence.
Le Brent a clôturé à 104,61 dollars, et Morgan Stanley attend en novembre les stocks européens de diesel au plus bas depuis dix ans
Le Brent a terminé la semaine à 104,61 dollars et le WTI à 100,05 dollars, après qu'un bond nocturne de 6 dollars a brièvement porté le Brent à près de 108 dollars vendredi, sur fond de menaces houthies contre le détroit de Bab el-Mandeb. Le brut donne la direction, le raffinage fait l'écart : des raffineries russes sous les frappes, des exportations chinoises de carburant en baisse et une offre réduite du Moyen-Orient ont retiré du diesel du marché plus vite que du brut. La prévision d'août de Morgan Stanley, 299 millions de barils de stocks européens de diesel en novembre, le niveau le plus bas pour ce mois depuis 2015, tient toujours. L'Italie a baissé ses accises sur le diesel en juillet ; la Belgique et les Pays-Bas n'avaient pas suivi fin août.
Le verdict AutoNext
Le prix maximum belge, la règle de midi allemande et la baisse d'accises italienne sont trois gouvernements qui se disputent les dix derniers centimes d'un litre dont les deux premiers euros se décident dans les raffineries. La preuve est dans l'écart, pas dans le niveau : le diesel se tient 35 centimes au-dessus de l'essence en Belgique, 22 pence en Grande-Bretagne et 17 centimes en France, et un baril de brut ne sait pas quel carburant il deviendra. Cette prime est le prix d'une raffinerie pour un produit que l'Europe ne fabrique plus en quantité suffisante, et aucun cessez-le-feu dans le Golfe ne remplit une cuve de distillats à Anvers.
L'EIA voit le diesel américain à 5,55 dollars en moyenne au quatrième trimestre et à 4,40 dollars en 2027. Morgan Stanley voit les stocks européens à leur plus bas depuis dix ans en novembre. Les deux ne peuvent pas décrire le même hiver, et la liste officielle belge du 1er décembre dira lequel avait raison : sous 2,30 euros, la pression du raffinage se relâche des deux côtés de l'Atlantique ; au-dessus de 2,40 euros, l'Europe paie sa propre capacité manquante, quoi que fasse le baril.
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