
Le GR KART de Toyota coûte le quart d'un kart européen
La GR la moins chère de Toyota a 5 ch, quatre temps et pas de plaque
Toyota Gazoo Racing a mis le GR KART en vente dans tout le Japon le 10 septembre à 385 000 yens, environ 2 150 euros, via 36 pistes de karting et sept concessions GR Garage. L'ingénieur en chef du projet chez Toyota, Naoaki Ito, avait fixé l'objectif dès mai 2025 : à peu près le quart du prix d'un kart de fabrication européenne. La GR suivante dans la gamme, une GR86 de base, s'affiche à 2 936 000 yens au Japon, plus de sept fois plus.
385 000 yens pour 215 cc, 83 kg et une transmission par courroie
Le GR KART mesure 1 820 mm de long et 1 160 mm de large, repose sur un empattement de 1 045 mm et pèse 83 kg avec son huile. Il est propulsé par un monocylindre quatre-temps de 215 cc refroidi par air, à soupapes en tête, le genre de moteur industriel qui entraîne d'ordinaire une pompe, relié à l'essieu arrière par un embrayage centrifuge et une courroie crantée à tendeur automatique : aucune chaîne à graisser ni à régler. Le prototype montré par Toyota à Fuji en mai 2025 était donné pour 5 ch en continu et atteignait environ 80 km/h, et Ito précisait déjà que le kart n'avait jamais vocation à être le plus rapide de la piste. Il fonctionne à l'essence ordinaire ou au carburant neutre en carbone.
Le GR KART entre dans un Toyota Noah sans démontage
Le transport est là où Toyota a investi son ingénierie. Le kart se glisse d'un bloc dans un Noah ou un Voxy, les monospaces familiaux de taille moyenne du Japon, et un seul adulte peut le charger. Il se range aussi debout, carburant et huile encore à bord, ce qu'aucun kart ordinaire ne tolère : le carburateur est à membrane, sans cuve à flotteur, le récupérateur d'huile est conçu pour le stockage vertical et le goulot de remplissage est orienté de façon à ne pas fuir quand le kart est dressé sur l'arrière. Un support et un kit de fixation sont vendus séparément.
Un seul kart pour tout pilote de 135 à 185 cm
Les pédales coulissent et le volant s'incline, chacun sur un seul verrou, si bien qu'un enfant de 135 cm et un adulte de 185 cm partagent le même kart dans l'après-midi. Une boîte à lest accepte jusqu'à 15 kg pour la course et intègre un support de transpondeur. Le châssis est en tube d'acier ordinaire plutôt qu'en alliage chrome-molybdène, soudé par robot chez Toyota, et l'essieu arrière est en inox. La liste des sécurités se lit comme un inventaire des accidents connus du karting : un pare-chocs profilé pour empêcher un autre kart de monter sur un pneu arrière, des goupilles d'arrêt pour qu'un moyeu arrière ne quitte pas l'essieu, un câble d'accélérateur acheminé pour ne pas rester bloqué ouvert, et un siège doté d'un appui-main sur le dessus pour que personne n'attrape le silencieux brûlant en sortant.
L'atelier Toyota de Gamagori le construit, l'application GR délivre la licence
Chaque kart est assemblé au Gamagori GR KART Workshop, dans la préfecture d'Aichi, une petite usine que Toyota gère selon son propre système de production, et la marque soutient que la discipline de coûts d'une usine automobile est ce qui rend ce prix possible. La possession passe par l'application GR : elle contient le cours théorique dont un débutant a besoin, puis délivre un passeport pilote qui tient lieu de licence de piste sur les circuits partenaires. Courir dans le championnat SL Kart Meeting exige toujours la licence propre à cette série. Pièces et accessoires viennent d'une boutique Rakuten dédiée, il n'y a pas de garantie, et le kart ne pourra jamais être immatriculé. Douze exemplaires courent dans les rues fermées de Gotsu, dans la préfecture de Shimane, le 13 septembre, trois jours après la première vente.
Japon seulement : 36 pistes, sept GR Garages et aucun plan d'export
Toyota n'a rien dit d'une vente du GR KART hors du Japon, et la distribution en est la raison : le kart est vendu là où il peut rouler, sur les circuits, pas dans le réseau Toyota au sens large. Ito l'affirmait déjà en 2025 : Toyota n'entrait pas dans le métier du kart, il créait seulement un niveau d'entrée qui n'existait pas. C'est l'argument qu'Akio Toyoda, le Morizo derrière la GR Yaris Morizo RR, défend depuis des années : le sport automobile devrait être une activité qu'une famille adopte comme elle adopte le football ou le baseball. L'ironie pour le lecteur européen, c'est que la référence battue par Toyota d'un facteur quatre était un kart européen.
AutoNext Take
Le kart est la partie la moins importante du GR KART. N'importe quel constructeur de châssis de Lonato sait souder un cadre en acier autour d'un monocylindre industriel de 215 cc ; aucun ne vend le monospace dans lequel il entre, l'application qui remplace la licence de piste, la boutique de pièces où commander à minuit et le réseau qui vend aussi votre prochaine voiture. Toyota a mis un prix, 385 000 yens, sur une voie d'entrée complète dans le sport automobile, et c'est cette voie, pas le prix, que la GR GT à l'autre bout de la gamme n'a jamais eue sous elle.
Le chiffre à suivre n'est pas 385 000 yens mais 36. Un kart n'est bon marché qu'à hauteur de la piste la plus proche où le faire rouler, et aujourd'hui cela fait 36 pistes dans un pays de plus de 120 millions d'habitants. Si cette liste est encore dans la trentaine en septembre 2027, le GR KART sera un produit dérivé bien fait. Si elle a doublé, Toyota aura construit la seule chose que le week-end de Max Verstappen face à 100 karts à Silverstone a montré que tout le monde veut et que personne ne vend : une porte d'entrée.
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