
Volvo renonce à ses prévisions 2026, l'électrique bondit de 51 % en Europe
L'Europe achète désormais neuf Volvo électriques sur dix
Volvo Cars a retiré le 2 octobre ses prévisions de volume et de trésorerie pour l'ensemble de 2026, le jour même où il annonçait un recul de 10,7 % de ses ventes au troisième trimestre, à 141 609 voitures. La Chine et les États-Unis expliquent ce repli. L'Europe a pris le chemin inverse : les ventes y ont progressé de 2 % et celles des modèles 100 % électriques de 51 %.
Volvo retire ses prévisions 2026 deux semaines après un plan à 13 modèles
Volvo Cars n'atteindra plus ses objectifs de volume et de trésorerie pour 2026 et ne les remplace par aucune nouvelle prévision à court terme. En juillet, le groupe tablait encore sur un flux de trésorerie disponible proche de l'équilibre sur l'année. Il annonce désormais un impact important sur le résultat et la trésorerie du troisième trimestre, en plus des coûts de matières premières, de change et d'amortissement déjà signalés. Le calendrier fait mal : le 17 septembre, Volvo présentait 13 nouveaux modèles d'ici 2030 et un objectif de marge opérationnelle de 8 %, qu'il dit maintenir. L'avertissement tombe quatre jours après la révélation du gel des embauches dans les bureaux.
Les ventes de Volvo en Chine chutent de 40,6 %, à 20 284 voitures
La Grande Chine a coûté 13 888 voitures à Volvo au troisième trimestre, soit 82 % du recul total de 17 006 unités. Les livraisons y sont passées de 34 172 à 20 284. Les hybrides légers et les modèles essence ont encaissé le choc, en baisse de 52 % à 14 000 voitures, tandis que les hybrides rechargeables progressaient de 46 %. Volvo n'a vendu que 968 voitures 100 % électriques en Chine en trois mois. Il invoque la pression croissante des constructeurs locaux sur les prix et un segment premium en recul à deux chiffres, un marché où un logo premium étranger ne justifie plus les prix d'autrefois.
Les ventes électriques de Volvo aux États-Unis presque divisées par deux
Volvo a vendu 30 777 voitures sur le continent américain, 14 % de moins qu'un an plus tôt, et ses ventes de modèles 100 % électriques y ont chuté de 47 %, à 3 626. La base de comparaison est élevée : l'an dernier, les acheteurs américains se sont rués sur les voitures électrifiées avant la fin du crédit d'impôt fédéral, fin septembre 2025. Les hybrides légers et l'essence n'ont reculé que de 4 %, le problème tient donc à la demande électrique plutôt qu'à la marque. Volvo évoque aussi un moral des consommateurs en berne et une concurrence plus vive chez les SUV.
Volvo a vendu 40 466 électriques en Europe, 45 % de ses ventes
Dans sa région Europe et reste du monde, Volvo a livré 90 548 voitures, en hausse de 2 %, dont 40 466 100 % électriques, contre 26 829 un an plus tôt. Cette région représente désormais 64 % du volume mondial de Volvo et 90 % de ses ventes électriques. Le basculement s'est fait en partie au détriment des hybrides rechargeables, en baisse de 30 % à 17 517, signe que les clients sautent l'étape intermédiaire. La réponse de Volvo est une nouvelle génération d'hybrides rechargeables à grande autonomie, dont la production n'a pas encore commencé.
La montée en cadence de l'EX60 à Torslanda décide de la trésorerie
Volvo attribuait l'essentiel de sa sortie de trésorerie de 5,2 milliards de couronnes suédoises au deuxième trimestre à la constitution d'un stock d'EX60 à Torslanda. Ces voitures doivent maintenant arriver chez les clients, et Volvo indique que la production est encore en phase de montée en cadence. Le directeur commercial Erik Severinson cite le SUV électrique comme le moteur de la demande européenne. Les résultats complets du trimestre, trésorerie comprise, tomberont le 23 octobre, avec le détail de nouvelles mesures. Elles arriveront avant que Klaus Zellmer ne prenne la direction générale.
Le verdict AutoNext
Le problème de Volvo est géographique, pas sa stratégie électrique. En Europe, où il a basculé le plus tôt, il a gagné 13 637 ventes électriques et progressé au total. En Chine, où son volume reposait encore sur les hybrides légers et l'essence, il a perdu 15 144 de ces voitures. Le retrait des prévisions efface aussi le redressement de trésorerie de fin d'année qui faisait passer le gel des embauches de septembre pour une précaution, et notre propre pronostic d'un quatrième trimestre solide disparaît avec lui.
Le 23 octobre, Volvo devra montrer que l'Europe paie pour les pertes ailleurs. Une sortie de trésorerie au troisième trimestre inférieure aux 5,2 milliards de couronnes du deuxième signifierait que l'EX60 se transforme de stock en chiffre d'affaires, et le plan de marge à 8 % resterait crédible. Plus élevée, elle exposerait l'offensive à 13 modèles à des coupes avant que l'essentiel n'atteigne les concessions.
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