
Bugatti Brussels a quitté Bruxelles pour un showroom de deux voitures à Drogenbos
La nouvelle maison bruxelloise de Bugatti est un showroom de deux voitures hors de Bruxelles
Le communiqué de Bugatti situe son nouveau showroom belge au cœur de la capitale. L'adresse sur l'invitation est Grand'Route 399, 1620 Drogenbos, en Brabant flamand, juste de l'autre côté de la frontière régionale avec Forest et Uccle. Après 20 ans au 50 rue du Mail à Ixelles, les ateliers D'Ieteren qui carrossaient des châssis Bugatti dès 1919, la marque dispose désormais de la place pour deux voitures sur un axe qu'elle partage avec Bentley, Lamborghini et Rimac, avec Porsche à côté.
Le Grand'Route 399 réunit Bugatti, Bentley, Lamborghini et Rimac sous un même toit D'Ieteren
Le nouveau Bugatti Brussels regroupe vente et après-vente sur le site de Drogenbos, avec deux techniciens formés à Molsheim pour les voitures modernes et historiques. Le sol accueille deux véhicules. Pour l'ouverture du 9 septembre, il en accueillait davantage : une Type 35 A, une Type 44 de 1929 à carrosserie légère Weymann terminée par la Carrosserie D'Ieteren, une Veyron, une Chiron, une W16 Mistral et une Tourbillon, avec un dîner servi dans l'atelier par Michel Roth. Mate Rimac, Hendrik Malinowski et le chef du design extérieur Florian Westermann représentaient Bugatti ; Nicolas D'Ieteren et Denis Gorteman, CEO de D'Ieteren Auto, recevaient.
Six Tourbillon sont attribuées à la Belgique, et aucune ne peut encore être immatriculée
Bugatti dit que six Tourbillon sont désormais en Belgique. Ce sont des attributions, pas des livraisons : le même communiqué précise en note que la Tourbillon n'a pas encore reçu son homologation, si bien qu'aucun exemplaire ne peut être immatriculé en Europe tant qu'elle n'est pas accordée. Six sur une série de 250, c'est 2,4 % de la V16 qui a passé le test de bruit européen de 72 décibels sans une seule fausse note, à 3,8 millions d'euros hors taxes, soit environ 4,6 millions d'euros avec les 21 % de TVA belge. Au prix catalogue, les six belges totalisent 22,8 millions d'euros hors taxes.
La Belgique détient 15 des 950 Veyron et Chiron W16 jamais construites
Quinze Veyron et Chiron vivent en Belgique, selon Bugatti. Les deux modèles W16 ont été produits à 450 et 500 exemplaires, si bien qu'un pays qui compte 0,15 % de la population mondiale détient 1,6 % de la production, environ dix fois sa part. La relation précède la W16 de près d'un siècle : D'Ieteren s'est établi comme carrossier en 1919 et Bugatti figurait parmi les châssis qu'il habillait rue du Mail, et en 2006 Bugatti Brussels est devenu l'un des premiers showrooms Bugatti dédiés d'Europe.
D'Ieteren a ouvert le showroom six jours après l'annonce de jusqu'à 344 suppressions d'emplois
Le cocktail est tombé le jour où D'Ieteren publiait des résultats semestriels montrant sa marge opérationnelle automobile divisée par deux à 2,1 %, des ventes en recul de 10,8 % à 2 269 millions d'euros et un bénéfice avant impôts ajusté en baisse de deux tiers à 36,4 millions d'euros. Six jours plus tôt, il avait annoncé à son conseil d'entreprise vouloir supprimer jusqu'à 344 emplois, fermer des sites et fusionner des fonctions dans un plan courant jusqu'en 2030. Mettez les deux chiffres côte à côte : le prix catalogue des six Tourbillon belges, 22,8 millions d'euros de chiffre d'affaires, approche les deux tiers du bénéfice que toute la branche automobile a dégagé en six mois.
Bugatti a changé de propriétaire le même 9 septembre
La date portait un second événement à Molsheim. Le 9 septembre, Porsche a finalisé la vente de ses participations dans Bugatti Rimac et Rimac Group pour environ un milliard d'euros à un consortium mené par HOF Capital, et Bugatti Rimac a annoncé le même jour une nouvelle direction. Christophe Piochon a quitté la présidence, Mate Rimac a repris le titre lui-même, et Hendrik Malinowski, qui s'exprimait à Drogenbos ce soir-là, a été désigné directeur commercial. Le concessionnaire belge a donc ouvert ses portes sous un propriétaire et les a fermées sous un autre.
Le verdict AutoNext
D'Ieteren a exposé son plan de restructuration avant que le conseil d'entreprise ait fini de le lire. Le plan parle de fermer des sites et de fusionner des fonctions, et le déménagement de Bugatti fait exactement cela : une adresse de 1919 à Ixelles échangée contre deux places de parking sur un axe partagé, à côté des marques dont les clients y roulent déjà, avec deux techniciens pour toutes les Bugatti du pays. Bugatti n'est pas là où D'Ieteren dépense. C'est là où D'Ieteren montre à quel point une franchise peut tourner à bas coût quand six clients paient 4,6 millions d'euros chacun.
L'homologation de la Tourbillon est la date qui compte. Tant qu'elle n'est pas accordée, six voitures attribuées sont six contrats, et le compteur belge de Bugatti reste à 15. Les discussions sous la loi Renault sur les 344 emplois courent tout l'automne. Si la première Tourbillon belge est immatriculée avant que le chiffre final des emplois soit arrêté, l'ordre de ces deux événements en dira plus sur le plan 2030 de D'Ieteren que le cocktail.
Suivez-nous sur Google Actualités.
Définissez AutoNext comme source préférée sur Google Discover.


